Revue de presse internationale - Mars-Avril 2016

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

A une époque où les échanges et les connaissances se sont mondialisés et que les professionnels de tous pays déposent à jet continu des brevets, produisent des innovations, connectées ou pas, promettent un progrès technique, on pourrait croire que le moindre besoin humain a sa solution marchande plus ou moins onéreuse, la moindre insécurité matérielle trouve son bouclier, la plus petite ou grande contrariété peut être réglée par une solution technique.

 

Eh bien non, tout ne marche pas parfaitement et beaucoup de trouvailles restent à faire. Les nageurs australiens attaqués par un requin n’ont toujours aucune réponse efficace pour se prémunir en dépit des nombreux stratagèmes plus ou moins sérieux mis au point pour éloigner le danger. Quant aux Allemandes, malgré une multitude de références en crèmes antirides, elles sont contraintes de constater qu’aucune n’a réellement un effet visible. Dans le même temps, on présente comme une avancée décisive des produits dont l’utilité pose question. C’est le cas du brasseur néerlandais Heineken, avec sa bière « Extra Frais », qui garantit une parfaite fraicheur grâce à un emballage spécial. Après un petit test de dégustation, le doute n’est plus permis : cette onéreuse nouveauté n’accroît en rien la satisfaction du buveur de bière, qui a tout intérêt à acheter un pack et l’entreposer dans son réfrigérateur, plutôt que de céder à cette injonction marketing. Conclusion : les essais de produits nouveaux publiés dans les journaux de consommateurs ont encore de beaux jours devant eux.

 

 

Des répulsifs pour prévenir les attaques de requins

 

On a recensé 22 attaques de requins l’an passé en Australie. Pour les éviter, des appareils de dissuasion ont été mis au point. Ce sont des dispositifs conçus pour interférer avec les sens que les requins utilisent pour détecter leurs proies – la vue, l’odorat, l’ouïe, et leur capacité à détecter les champs électromagnétiques. Aucun fabricant ne garantit à 100 % son produit contre une attaque. « Choice », l’association de consommateurs australienne, a voulu en savoir plus.

 

Shark Shield est le seul appareil électrique sur le marché avec une efficacité prouvée pour empêcher un requin de mordre. L’appareil est attaché à la cheville du plongeur ou du nageur (Freedom 7, 749 $ australiens). Pour les surfeurs et la pratique du canoë-kayak c’est un autre modèle (Surf 7, 749$ australiens) que l’on accroche à la planche ou au kayak. Le champ électrique est créé par un câble de deux mètres qui traîne derrière l’utilisateur.

Mais le Shark Shield ne marche pas à tous les coups. Des scientifiques de l’Université de Western Australia (UWA) ont déterminé qu’il pouvait empêcher les grands requins blancs et les requins tigre d’attaquer, la plupart du temps ! Une étude du South Australian Research and Development Institute est moins enthousiaste, elle montre une efficacité contre les grands requins blancs, mais pas dans toutes les situations et sur tous les requins blancs.

Un lecteur de « Choice » a rencontré deux personnes qui ont été attaquées alors qu’elles portaient un Shark Shield. « Une protection faillible est mieux que rien » disent les scientifiques de l’UWA. NoShark (399 $ US) serait « nouveau et amélioré », mais le fabricant n’a pas souhaité répondre aux questions de l’enquêteur.

Les appareils magnétiques, Sharkbanz (149 $ AUS) et Shark Shocker (35 $ US), provoquent une sensation désagréable dans le museau des requins, par hyperstimulation de leur ampoule de Lorenzini. On sait que des recherches sur l’utilisation d’aimants ont été menées avec succès pour éloigner les requins des lignes de pêche commerciales. Dr Carl Meyer, un expert en requins à Hawaii Institute of Marine Biology, doute cependant qu’une petite bande magnétique puisse avoir un effet avéré.

 

Puisque les baleines tueuses aiment dévorer les requins, peut-on éviter de se faire mordre en se faisant passer pour un orque ? C’est l’idée du SharkStopper’s Personal Shark Repellent (PSR), le « premier répulsif acoustique anti-requin au monde » d’après le fabricant. L’appareil est une petite bande de plastique que l’on porte sur la jambe et qui émet un « son acoustique multi-breveté ». Les chercheurs de l’UWA doutent toutefois de son efficacité. Le Dr Christine Erbe, une experte en vocalisation des baleines à Curtin University, assure qu’un requin se rendra vite compte que le nageur n’est pas du tout une baleine tueuse !

Parce qu’un requin n’aime pas côtoyer ses congénères morts, SharkTec a mis au point un aérosol répulsif (Anti-Shark 100, 25 $ US) à base de peau de requin. L’aérosol créerait une « zone de sécurité temporaire ». Très temporaire, puisqu’il se disperse… et qu’il faut que le nageur, le plongeur en eau profonde ou avec masque et tuba ait le temps de sortir la bombe et de l’actionner.

 

Shark Attack Mitigation Systems (Sams) a mis au point des tenues de plongée « camouflage » à 495 $. Des bandes latérales noires et blanches, un design qui rappelle le poisson pilote, permettent de signaler que le plongeur n’est pas une délicieuse friandise. Ces tenues de plongée sont actuellement en phase de test.

« Choice » n’a pas trouvé la moindre garantie que ces produits puissent empêcher une attaque de requin. Alors faut-t-il s’équiper ? « Si la peur d’une attaque vous empêche de vous mettre à l’eau, utiliser un de ces produits vous rassurera. Mais soyez conscient de leurs limites. Ces dispositifs n’ont pas encore fait l’objet de tests indépendants. Et aucun d’entre eux ne protégera en toutes circonstances. ». Il faut surtout bien respecter les règles de prudence communiquées par les autorités, rappelle « Choice ».

 

Source : Choice (Australie), février 2016

> Voir le site

 

Choice est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  "Shonky Awards" (« prix citron »), un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

> Pour en savoir plus

 

 

 

 

Une bière très fraîche, mais le goût l’est-il ?

 

Le brasseur néerlandais Heineken vient de mettre sur le marché une toute nouvelle bière, l’« extra vers » (extra frais). Après brassage et mise en bouteille, elle est enveloppée dans un papier spécial opaque, réfrigérée puis distribuée au rayon frais.

« Consumentengids », le journal de l’association de consommateurs néerlandaise  Consumentenbond, l’a fait goûter en test aveugle à 23 experts. S’ils ont reconnu sa fraîcheur pour la plupart, aucun n’a pu déterminer la moindre différence avec la Heineken classique.

Distribuée de façon très sélective, il est conseillé de consulter le site Internet de la marque pour trouver un point de vente près de chez soi. Et il faut débourser 1,09 € pour la précieuse bouteille, contre 0,60 € la bière Heineken standard.

 

Source : Consumentengids (Pays-Bas), février 2016

> Voir le site

 

L’association de consommateurs à but non lucratif « Consumentenbond » (CB) a été fondée en 1953 et compte plus d’un demi-million de membres. L’ONG publie des journaux sous la marque « Consumentengids », des livres, et possède le site Internet qui compte le plus grand nombre d’abonnés aux Pays-Bas. En plus de réaliser des tests comparatifs, CB offre des services d’aide au choix, des avantages financiers et un service personnalisé aux membres et aux non-membres. En 1960 CB était l'un des cinq membres fondateurs de Consumers International (CI). CB a participé à la création du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) en 1962.

> Pour en savoir plus 

 

 

 

La part du stand-by dans la facture d’électricité est de plus en plus importante

 

La consommation électrique invisible, dite charge « fantôme », a fait un bon prodigieux depuis 10 ans, d’après les calculs de l’association de consommateurs portugaise DECO.

En dix ans, les Portugais se sont équipés de nombreux appareils nouveaux : téléphones portables, consoles, box internet, ordinateurs portables, climatiseurs, home cinéma. Même les brosses à dents électriques doivent être rechargées. « Proteste », le journal de DECO, a calculé que sur ce poste de consommation, un foyer moyen est passé de 132 kWh en 2001 à 490 kWh en 2015. Alors qu’en mode de fonctionnement les nouveaux équipements sont de moins en moins énergivores, leur consommation en stand-by représente aujourd’hui 35 % de la facture d’électricité.

La part des appareils utilisés dans la cuisine a baissé de 1302 kWh en 2001 à 834 kWh en 2015 grâce à l’étiquette énergie (réfrigérateur, lave-linge, lave-vaisselle, appareils de cuisson). Du fait des ampoules basse consommation, les dépenses d’éclairage ont été divisées par 8 pour ne représenter que 80 kWh en moyenne par an.

Selon Tito Rodrigues, chargé des relations institutionnelles à DECO, la charge « fantôme » représente 11 % de la facture des ménages dans la plupart des pays de l'Union eurorpéenne. Un dispositif électronique conçu avant 2010 consomme en veille de 1 W à 30 W ; et un règlement européen a imposé depuis de nouvelles exigences d'éco-conception. La consommation d'énergie en mode veille ne peut plus dépasser 0,50 à 1 W, selon que l’appareil dispose ou non d’une fonction de réactivation.

Pour DECO, il faut imposer un étiquetage énergétique pour les «nouveaux» appareils numériques car ce sont les plus dépensiers en veille. S’agissant des appareils domestiques, on pourrait également envisager un étiquetage pour les micro-ondes, les plaques de cuisson, les robots ménagers, les fers à repasser. On peut aussi revoir le système d’attribution des classes énergétiques pour la climatisation et la production d'eau chaude. Sans compter que de nombreux équipements énergivores ne sont encore couverts par aucune réglementation.

« Faut-il tout débrancher ? », interpelle « Proteste ».

 

Source : Proteste (Portugal), février 2016

> Voir le site

 

Les activités de DECO (Defesa do Consumidor) sont menées par deux entités juridiques : DECO, Association portugaise de défense des consommateurs, et DECO Proteste Editions.

DECO est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International  (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

> Pour en savoir plus

 

 

 

Antirides : il n’y a rien à voir !

 

D’après un sondage réalisé par la Stiftung Warentest, une Allemande sur deux pense que les crèmes spécialisées réduisent visiblement les rides.

Est-ce que ces crèmes antirides high tech, qui mettent en avant des substances mystérieuses comme le coenzyme Q10 et le pro-rétinol A ont un réel effet ? Après 4 semaines d’application seulement ? Ou même 2 semaines comme le promet une d’entre elles ?

La certitude des consommatrices allemandes est balayée par « Test » : aucune des crèmes annonçant « un effet visible contre les rides » ne tient ses promesses.

Neuf crèmes antirides, dont une bio (prix de 2,45 à 87 euros), sont passées au banc d’essai. Toutes ont été notées « insuffisant ».

Chaque produit a été testé par trente femmes. 270 femmes ont appliqué un antirides matin et soir sur une moitié de leur visage et une crème hydratante sur l’autre moitié. Les testeuses ont été photographiées avant et après, à l’aide d’un appareil géré par ordinateur. Le contour des yeux a fait l’objet d’un examen au cornéomètre.

Aucun antirides n’a eu de résultat visible à l’œil nu sur les rides profondes. L’aspect des ridules sous les yeux a pu être amélioré chez quelques testeuses seulement. Des exceptions non reproduites sur l’ensemble du panel. A l’inverse, l’on a pu observer dans certains cas une accentuation des rides !

Peu de fabricants ont accepté de communiquer les résultats de leurs études cliniques. Les documents produits rapportent tous des améliorations infimes, de l’ordre de la fraction de millimètre, mesurable par des techniques tridimensionnelles. Jamais à l’œil nu.

La crème Estée Lauder est épinglée : non seulement elle n’agit pas « visiblement » sur les rides, mais elle n’hydrate même pas correctement la peau.

 

Source : Test (Allemagne), janvier 2016

> Voir le site

 

La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

> Pour en savoir plus

La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

> Pour en savoir plus

- See more at: https://www.conso.net/content/revue-de-presse-internationale-janvier-fev...

 

 

Alain-Henri Duval
Service juridique, économique et de la documentation

Cliquez ici pour ouvrir de nouveau le bandeau d’information et de réglage des cookies Haut de page