Revue de presse internationale - Janvier-Février 2016

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

A ceux qui doutent de l’utilité et de l’efficacité des associations de consommateurs dans un univers totalement bouleversé par le numérique, la mondialisation et l’individualisation de la relation marchande, plusieurs exemples bien concrets montrent qu’au contraire, les structures associatives mettent de l’ordre, apportent de la justice et fournissent de l’information là où règnent le brouhaha de la communication et les dissimulations du marketing.

 

En Italie, AltroConsumo multiplie les actions de groupe. La dernière concerne la constructeur national, Fiat, mis en cause pour avoir minoré la consommation de carburant et l’émission de C02 de la Panda.

 

Au Royaume-Uni, Which fait la démonstration des failles de la plateforme TripAdvisor, qui a accumulé 250 millions d’avis. Dont certains peuvent être faux ou farfelus, comme le prouve le test de l’association britannique.

 

En Nouvelle-Zélande, c’est le démarchage à domicile qui est dans la ligne de mire de Consumer NZ. L’association a mené une campagne visant à dissuader les importuns de venir toquer aux portes de ceux qui veulent rester tranquilles. Autocollant sur la porte, procédures à suivre en cas de démarchage non consenti, formulaire de plainte à télécharger sur le site de l’association : Consumer fournit tout un kit…

 

Et en Autriche, l’association VKI a découvert et déploré dans son journal Konsument que le Fanta à la framboise comporte 15 fois moins de framboises que de pomme…

 

 

 

La classe à l’italienne

 

Le constructeur automobile Fiat va faire l’objet d’une action collective engagée par l’association de consommateurs Altroconsumo pour avoir menti sur les émissions de CO2 de certains véhicules, ainsi que sur la consommation d’essence déclarée.

 

Après avoir mené des tests indépendants en laboratoire, Altroconsumo  affirmait en octobre 2014 que les émissions de CO2 et la consommation d’essence du modèle Panda 1.2 essence 51 Kw sont 20 % supérieures aux déclarations du fabricant. L’organisation de consommateurs a saisi la justice début 2015. Mais un premier tribunal avait rejeté la demande. La Cour d'appel de Turin vient finalement de réviser ce premier jugement et d’autoriser la Class Action.

 

Altroconsumo réclame un dédommagement de 239 euros pour chaque client lésé. Cette somme est calculée selon le surcoût engendré par la consommation réelle d'essence. Les consommateurs ont jusqu’au 17 avril pour se déclarer et participer gratuitement à l’action collective. Un site dédié www.altroconsumo.it/classactionfiat a été ouvert pour les informer et leur permettre de s’inscrire.

 

Selon Altroconsumo, l’autorité italienne contre la concurrence déloyale a aussi ouvert une enquête contre Fiat concernant les fausses déclarations de consommation et d’émissions de CO2, ce qui la conforte dans sa démarche.

 

Source : Altroconsumo (Italie), janvier 2016

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Avec plus de 300 000 membres, Altroconsumo est la première association de consommateurs en Italie. Née en 1973 sous le nom de Comité de défense des consommateurs, elle publie des magazines et des livres pour information du consommateur, donne des consultations juridiques et mène une politique de lobbying. Les éditions Altroconsumo Ltd sont membres d'Euroconsumers S.A. (Test-achats en Belgique, OCU Compra Maestra en Espagne, Proteste au Portugal, Proteste au Brésil).

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Les tondeuses robot victimes de leur succès

 

Après les robots ménagers, voici le temps des robots jardiniers, qui promettent une tonte facile et sans contrainte. Les tondeuses robot sont encore chères – il faut compter au moins 1 500 euros pour un bon appareil - mais remportent un franc succès en Allemagne. La Stiftung Warentest a d’ailleurs déjà soumis les principaux modèles du marché au banc d’essai. Le comparatif a été publié en mai 2014 dans le journal de l’organisation consumériste www.test.de/rasenroboter.

 

Malheureusement, ces merveilleuses machines sont devenues tout aussi populaires auprès des voleurs. Légères et peu encombrantes, elles souvent laissées la nuit à l’extérieur et sont des proies faciles pour les cambrioleurs.

 

Parce que ces robots, à l’instar des meubles de jardin en plein air, ne sont pas automatiquement assurés, "Test" conseille de se rapprocher de son assureur habitation et de déclarer la valeur de l’appareil et de ses accessoires. Interrogé par le magazine, Rüdiger Falken, conseiller en assurances à Hambourg, recommande d’obtenir une preuve écrite de l’assurance du robot et de ses accessoires contre le vol, la tempête et la grêle. "Les bons assureurs l’acceptent à hauteur de 5 000 euros et ne demandent un complément de prime d’assurance qu’en cas d’augmentation de la valeur totale du capital assuré", précise-t-il.

 

Source : Test (Allemagne), octobre 2015

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La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

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La vérité sur TripAdvisor

 

Avec plus de 250 millions d’avis sur 5,2 millions d’opportunités de voyages dans le monde entier, le site Internet TripAdvisor est incontournable. 85 % des lecteurs de "Which? Travel", le bimensuel édité par Consumers' Association, lui font confiance pour réserver leurs vacances. Alerté par des plaintes de consommateurs et de professionnels du tourisme, "Which?" a enquêté sur le fonctionnement du site.

 

"Which?Travel" a créé de fausses offres : deux chambres d’hôtes, en Ecosse et dans le Surrey, et un Citytour à Londres. Pour prouver l’existence des sociétés, TripAdvisor demande un site web, une adresse postale, un email, un numéro de carte de crédit et un numéro de téléphone. "Même un adolescent pourrait fournir ces informations en moins d’une heure", s’amuse le magazine. Les trois offres 100 % fausses ont été publiées, alors que TripAdvisor assure vérifier l’utilité de toutes les requêtes pour les voyageurs et leur conformité à sa politique.

 

Avec la complicité de quelques farceurs, "Which?" a posté 54 avis farfelus ou absurdes. 18 avis ont été publiés rapidement, 36 sont restés en attente. Un avis encensait la chambre d’hôte en Ecosse, prétendument nichée dans la campagne des Highlands : "Parfait pour un séjour dans la capitale". Il en louait les équipements : "Nous avons aimé le club de sport et la piscine. Le nouveau restaurant italien au sein de l’établissement est fabuleux… et le concierge nous a aidé à trouver les meilleures places au théâtre tout proche. Le service de sécurité assuré 24 /24 est rassurant dans cet environnement urbain…". Quelque uns des 18 avis publiés ont disparu plus tard pour des raisons qui n’ont pas été expliquées. Un faux propriétaire s’est plaint d’un faux commentaire d’internaute, qui a été maintenu.

 

Interrogé par "Which?", TripAdvisor nie tout dysfonctionnement, mettant en avant ses équipes spécialisées dotées d’outils et de techniques sophistiqués. S’appuyant sur une récente enquête auprès des utilisateurs, le site assure que 93 % des internautes trouvent les informations pertinentes et concordantes avec leur expérience.

 

Source : Which? Travel (Royaume-Uni), novembre 2015

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Créée en 1957, Consumers' Association, connue sous le nom de Which?, est la plus importante association de consommateurs au Royaume-Uni. Elle compte 617 000 membres abonnés à son journal, et plus de 254 000 abonnés en ligne. Which? est membre fondateur de Consumers International, créé en 1960 sous le nom de International Organisation of Consumer Unions (IOCU). Which? est également membre du BEUC. Très connue pour ses essais comparatifs de produits et ses essais de services, l'association est un véritable groupe de pression qui depuis 55 ans mène régulièrement des campagnes sur les questions importantes pour les consommateurs.

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Les frais de santé sont trop lourds pour les Portugais

 

La crise économique affecte toujours plus les familles. L'année dernière, par manque d'argent, un Portugais sur deux a renoncé à se soigner. Un tiers d’entre eux étaient des enfants, s’inquiète l’association de consommateurs DECO, dans son journal "Proteste".

 

Dans son enquête sur les coûts restant à charge dans le budget de 1 763 familles, les traitements dentaires et ophtalmologiques, les consultations et les médicaments sont en tête des dépenses qui en 2014 ont été reportées. 10 % des familles ont renoncé à se rendre aux urgences par manque d’argent. Les ménages les plus touchés ont un revenu mensuel inférieur à 1500 €, sont célibataires, familles monoparentales ou souffrent de maladies chroniques. En moyenne, en 2014, un ménage portugais a dépensé 1480 € dans des soins de santé jamais remboursés. Le chiffre monte à 1 824 € dans les familles avec des malades chroniques.

 

Ceux qui se soignent doivent parfois s’endetter : un ménage sur cinq a emprunté de l'argent. Le plus souvent auprès de la famille (63 %); puis des amis (16 %) et de la banque (9 %).

 

Source : Proteste (Portugal), décembre 2015

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Les activités de DECO (Defesa do Consumidor) sont menées par deux entités juridiques : DECO, Association portugaise de défense des consommateurs, et DECO Proteste Editions.

DECO est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International  (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

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Coca-Cola Life et Pepsi True au banc d’essai

 

Ne comptez pas sur Coca-Cola life ou Pepsi True pour booster vos bonnes résolutions pour la nouvelle année, prévient "Consumer Reports", le journal de l’association de consommateurs américaine Consumers’Union. Ces Colas contiennent l’équivalent de 6 cuillères à thé de sucre (contre 10 pour les sodas traditionnels). C’est la limite journalière pour les femmes d’après American Hart Association, l’association américaine de cardiologie. Cette limite est de 9 cuillères à thé pour les hommes.

 

Alors quelle est la différence ? Coke life et Pepsi true contiennent un mélange de sucre et de stevia. Si la couleur verte de la cannette veut faire penser que ces boissons sont plus saines, "Consumer Reports" martèle : "ne perdez pas de vue qu’aucun soda n’est bon pour la santé".

 

Des études montrent que boire une seule cannette de soda traditionnel par jour est suffisant pour augmenter le risque de maladies cardiaques, de diabète de type 2, et d’obésité. Quant à la stevia, "c’est probablement sain, mais nous manquons de recherches en la matière" dit Michael F. Jacobson, directeur général du Center for Science in the Public Interest. De plus, la plupart des boissons à base de cola contiennent des colorants artificiels au caramel, parfois du 4-MeI (4-méthylimidazole), suspecté d’être carcinogène. Et il est impossible de le repérer sur l’étiquetage !

 

Source : Consumer Reports (Etats-Unis), janvier 2016

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Fondée en 1936, Consumers Union (CU) publie le magazine Consumer Reports, le site Internet ConsumerReports.org et deux bulletins, Consumer Reports on Health et Consumer Reports Money. Ses sites et publications comptent plus de 7 millions d’abonnés. L'association a également plus de 500.000 militants en ligne qui l'aident dans ses actions en faveur de l'intérêt des consommateurs. CU est membre de Consumers International (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

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Ras-le-bol des vendeurs au porte-à-porte ?

 

Des centaines de milliers d’autocollants "ne frappez pas" fleurissent sur les portes d’entrée des foyers Néo-Zélandais pour dissuader les démarcheurs. Un beau succès pour l’association de consommateurs Consumer NZ  qui a initié la campagne "Do not knock, salespeople not wellcome here" [Ne pas frapper (à la porte), les vendeurs ne sont pas bienvenus ici].

 

Malgré l’avertissement sur la boîte aux lettres, la porte ou tout autre emplacement bien visible, des habitants se plaignent toujours d’être importunés. Dans son journal "Consumer", l’association conseille une réponse graduée : montrer l’autocollant au vendeur afin de s’assurer qu’il l’a bien vu, puis l’avertir qu’il s’est introduit dans une propriété privée. Si le démarcheur ne quitte pas les lieux, appeler le 111 et demander la police. L’habitant peut aussi notifier par écrit au vendeur de ne plus revenir, avec copie à la police. Un modèle de formulaire appelé "trespass notice" est disponible sur le site de l’association.

 

Quiconque revient frapper à la porte dans les deux ans après cet avertissement commet une infraction au regard du Trespass Act, la loi sur les actes d'intrusion. Il est passible d’une amende de 1 000 $ et d’une peine de trois mois de prison.

 

Source : Consumer (Nouvelle –Zélande), novembre 2015

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Consumer NZ est une organisation indépendante à but non lucratif créée en 1959. L'association possède un large éventail d'activités liées à la protection et à l'information des consommateurs : essais comparatifs et des enquêtes sur les services et les biens de consommation, recherche et conseils sur dans les domaines financier, alimentaire, de la santé, la sécurité, le bien-être et l'environnement. Consumer NZ représente les consommateurs au sein des comités parlementaires et fait régulièrement des propositions au gouvernement sur toute question touchant les consommateurs. Son journal mensuel "Consumer" est plébiscité par les Néozélandais depuis plus de 40 ans.

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Enquête sur les avocats "low cost"

 

En Suisse également, de nouvelles plateformes sur Internet offrent la possibilité de consulter un avocat en ligne et sans rendez-vous. Ces consultations ont de quoi séduire ceux qui hésitent à franchir la porte d’un cabinet. D’autant que certaines sont même gratuites. Mais les conseils sont-ils fiables ?

 

Le magazine "Bon à savoir" et la radio suisse "On en parle", sur RTS-La Première, ont testé la fiabilité de leurs conseils. Ils ont fait appel pour cela à un professeur et avocat réputé, spécialisé dans le droit pénal.

 

Une question précise portant sur l’éventualité d’une contestation d’amende et d’un retrait de permis lié à un excès de vitesse, a été soumise à quatre services web, deux gratuits et deux payants, à bas prix. Le cas soumis n’est pas une question piège. Il est traité de manière claire depuis plusieurs années par la jurisprudence publiée. Un avocat généraliste devrait en avoir connaissance.

 

Malheureusement, les réponses sont entachées d’ "erreurs" et de "légèretés". Selon l’expert, "Aucune réponse n’est globalement satisfaisante et chacune contient des erreurs sur le plan juridique et/ou des “légèretés” dans le conseil." Des inexactitudes qui empêchent d’entreprendre des démarches concrètes ou bien les vouent à l’échec. Cerise sur le gâteau, la confidentialité des informations transmises n’est pas toujours bien assurée.

 

Source : Bon à savoir (Suisse), novembre 2015

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"Bon à Savoir" est un magazine de défense des consommateurs suisses romands. Le journal publie des tests indépendants, des enquêtes, des informations juridiques, des conseils... Il appartient à Editions Plus Sàrl, qui revendique 414 000 lecteurs par numéro.
 

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Du Fanta framboise presque sans framboise

 

La boisson s’appelle Fanta Framboise. C’est écrit en gros sur l’étiquette, sur laquelle on voit une belle framboise. C’est que la boisson doit contenir principalement du jus de framboise, n’est-ce-pas ?

 

Et bien non, s’étonne l’association de consommateurs Autrichienne VKI, dans son journal "Konsument". Une lecture attentive de l’étiquette nous apprend que Fanta Framboise est principalement composé d’eau, de sucre et de gaz carbonique. On y trouve ensuite du concentré de jus de pomme (1,5 %), de mûre (0,6 %) et de framboise à seulement 0,1 %. Fanta Framboise ne contient donc qu’un dérisoire 0,1 % de concentré de jus de framboise ! Soit 15 fois moins de framboise que de pomme. Il y a même plus de mûre que de framboise.

 

Juridiquement, l’étiquette de Fanta Framboise tient la route. Les ingrédients sont bien indiqués dans l’ordre, selon leur proportion dans le produit. Pourquoi le fabricant, The Coca-Cola Company, n’annonce-t-il pas honnêtement "Boisson rafraichissante au goût framboise" en gros caractères bien lisibles sur le devant de l’étiquette, avec le détail de sa teneur en jus de fruit ? Trop facile, le consommateur saurait tout de suite ce que contient la bouteille !

 

Source : Konsument (Autriche), novembre 2015

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VKI, Verein für Konsumenteninformation, est une organisation à but non lucratif qui a été fondée en 1961. L’association de consommateurs a une longue tradition de réalisation d’essais de biens et services, dont les résultats sont publiés dans son magazine mensuel "Konsument". VKI travaille en étroite collaboration avec la Stiftung Warentest (Allemagne). L’association est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International (CI) et d’International Consumer Research & Testing (ICRT). VKI est habilité à engager des affaires judiciaires au nom du ministère fédéral autrichien des Affaires sociales et de la protection des consommateurs.

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Alain-Henri Duval
Service juridique, économique et de la documentation

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